Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /2008 12:52

Épisode 8

 

 

Les reliefs. Du repas. D’un rongeur. (Noix, noisette, graines…).

 

Passer le balai.

 

Nouvel espace, nouvelle contrée, seule la vue change.

 

Allo ?

 

Le bleu du ciel envahit l’espace…ce n’est pas du sang c’est du rouge. Il n’est pas noir, c’est un acteur noir.

 

L’espace s’ouvre, se fend, le geste de Fontana, toile blanche, entaillade d’un couteau, la recherche du geste pur…ouvrir par ce geste pur la précision d’une recherche, dégager de l’air, souffler, insuffler, souffler, insuffler.

 

Les explorateurs sont surveillés par une panthère : animal sauvage. L’esprit de la forêt.

 

Les hurlements du Sauvage.

 

Les actes sont décalés. Leurs actions modifiées et enfin la nuit suit le jour avant de le précéder.

 

Tout compte fait, l’Enseignant est tout à fait comme Superman…il dort avec son costume. (évidemment l’intérêt que Superman trouve à porter du lycra ( le lycra ne se froisse pas tant il est tendu sur sa peau) est étranger à l’Enseignant…d’où sa mise froissée. Mettre, démettre, mettre, démettre…mais repasser comme on repassait ses leçons.

   

Obstacles/ogives nucléaires…résiduelles de la guerre froide. Évidemment ce pays appartient à l’ère atomique. L’ère atomique est ce qui a offert le plus de joie à l’homme (Spinoza : joie = puissance d’exister, d’agir), voilà on réduit à une dimension intime, un drame de civilisation et on agite comme dans un bocal cette idée de la joie.

 

Dans un bocal ou dans une banquette, cela va sans dire.

 

Et si on creusait un trou dans le sol…

 
 

Le Sauvage à l’œil doré.

 

Les aliments du pays leur provoquent des aigreurs d’estomac, sentiments vinaigrés, humeurs bileuses… les cartes sont abattues, rien ne va plus…le diner est à réexplorer, leurs mœurs, leurs coutumes à table, leurs « us », communauté,

 

 

le Sauvage avoue qu’il est en danger, avoue qu’il est le salut, le doux agneau à préserver.

 

Présence de l’infirmière, le mieux c’est l’effacement progressif ou peut-être palpitation, ce moment est celui où ils se rapprochent le plus de la victoire, l’Enseignant arrive à laisser l’infirmière, à s’en détacher pour entendre le monde cad le Sauvage puisqu’on est dans le Sauvage.

 

Il faut que l’Enseignant se libère, le dommage collatéral c’est la disparition de l’infirmière. Quand l’infirmière s’enferme dans sa caisse elle devient icône, elle est l’enfermement, celui de l’Enseignant, elle en sort changée elle a revêtu les habits de deuil de sa présence, de sa fonction, de sa primordialité. Et évidemment cette résolution se fait dans le rêve de

 

l’Enseignant par la formation d’un nouvel agencement psychique, par la vue de son âme en mutation, finalement  l’Enseignant, à partir de cette vision est au courant, il est celui qui sait puisqu’il est celui qui a vu.

 

Donc la suite et fin est la révélation progressive de ce qu’il sait déjà, c’est à dire l’effacement progressif de la censure (l’Infirmière) et la ressemblance/accointance progressive de l’animal-machine Enseignant/Sauvage.

 

 

L’Infirmière (hyp :surmoi) les a réunis, elle ne peut pas sortir de sa fonction mais une fois qu’ils sont réunis elle s’efface, pas matériellement nécessairement, mais l’attention que l’Enseignant lui porte est affectée, diminuée (le Sauvage doit même lui rappeler que sa parole est importante, « écoutons ces deux jeunes femmes … »).

 

Évidemment que l’important est le salut de l’Enseignant mais exposer ce salut c’est exposer un homme se dévêtant de ses vieux habits d’infirmière et enfilant, pour aller vivre la vraie vie, qui est ailleurs et donc ici, ses beaux habits de Sauvage.

 

La mer est agitée. Mon cœur bat. Je suis vivant. La vraie vie est ici.

 

 

 

 

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Mardi 12 février 2008 2 12 /02 /2008 12:51

Épisode 7

 

 

 

Samedi. Il me laisse un peu de temps pour m’attarder à le lecture du rouleau. Ma découverte de la veille.

 

 

 

Il est inscrit :

 

 

 

« Cette semaine, jai eu le mal de mer...

 

trop de vagues peut-être ?

 

trop plein de récits, de films, d'histoires qui me traversent ?

 

besoin de terre ferme pour reprendre pied.

 

besoin d'un rivage = géographie ? besoin d'une infirmière ?

 

si je suis l'Histoire et elle la Géographie, le sauvage est-il l'Education Civique ?

 

que de questions...

 

Pas de promesses !, comme dirait l'autre.

 

Action !, comme dirait l'autre.

 

J'en perds l'usage de ma langue !, comme dirait l'autre.”

 

 

 

Un message de la Dame en rouge. Sa relecture me creuse, laisse en moi un espace libre à de drôles de chimères.

 

 

 

La nuit. Un rêve d’animaux-machines. De titans. Un enfant chemine dans la ville de pierres. Et toute pensée se déplace. Le monde tremble. Est-ce ma vue qui se trouble?

 

Au matin, mon âme est grosse du souvenir de choses non advenues

 

 

 

Il me semble que la Dame en rouge, au cours de son voyage, a vécu dans mon phare.

 

 

 

Au vent le rouleau s’envole. Au dos il est inscrit:

 

 

 

“ Cher Gardien de Phare,

 

échappé du pharisianisme et du parisianisme primaire

 

le gars du lien est en phase sans fard

 

Merci

 

L'écureuil ”

 

 

 

Le phare est peuplé de drôles d’animaux. La solitude m’échappe.

 

 

 

Énigme à résoudre. Il en arrive sans cesse. Et toujours, présent comme un aiguillon, cet écureuil.

 

S’éclaire à présent ce devenir-animal. Mutation. Glissement de terrain. Perte de soi. Devenir-étranger.

 

 

 

Ou… valse folle, danse sauvage, une souplesse du sens.

 

 

 

La promenade continue. L’écureuil à nos côtés.

 

Rousse.

 

Feu follet.

 

Une balise.

 

Même le nuit.

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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /2008 22:26
 
Jeux d’espaces, jeux d’objets, jeux d’yeux, de regards et de personnes. Echauffement dans un espace clos qui s’ouvre. Pas de cloison, des aires, des airs, désert.
Chapeau melon et bottes de cuir.
Chopin.
Le Sauvage entre.
Saperlipopette. Galimatias. Fausses notes. Rires. Espionnage.
Grandes perspectives.
L’Enseignant sur le divan, le Sauvage loin derrière lui dans le fauteuil de l’Infirmière. Il questionne.
Je m’en remets à vous .
Le corps des phrases.
Faites vos jeux ! Rien ne va plus …
La leçon est terminée.
 
Allo …
Proximité distante.
Distances proches.
Lointaine intimité.
Les corps se croisent sans se voir.
Ne pas sourire. Tirer la tronche. Ricaner…
 
Cliquetis de l’appareil photo de Gwen , prises de l’entraînement de la star . Ayouba joue , le Sauvage répète, l’Enseignant le photographie . Double jeu, double je .
 
Blanche infirmière, livide Lidwine divine dont le corps semble s’évanouir devant la joyeuse et sombre présence du Sauvage.
 
Les mots de Guillaume se sont mutés en photos aujourd’hui.
Sonnerie…
 
Faux rembobinage de cassette de dictaphone , jeu, re-jeu, rejet ? Rires dedans , rires dehors.
La star semble être chanteur de rock courbé sur son micro.
 
Pas de peut-être, la paix en dépend.
 
Nuit. Hôtel la nuit. Bruits d’hôtel, ou bruits de nuit. Vent. Sifflements. Craquements. Chopin. La Nuit.
On est à Majorque dans le cercueil, la nuit sous le vent et la pluie. C’est sûr , il est là .
 
Le Sauvage, peignoir satin, chaussettes s’enveloppe de panthère. Quelle taupe !
 
CLAC ! Le couvercle du piano s’abat sur les doigts de l’Enseignant. L’Infirmière s’énerve , elle éprouverait donc des sentiments ? CLAQUE …
 
Leçon N° 14 : se tenir à table et… s’entre-tenir à table . Tout se tient ou presque …Ce qui compte c’est le ton !
La Dame-en-rouge , valise blanche, bottes de cuir. Je m’exécute…
Anormalement sûre d’elle .
Chopin, encore …
L’infirmière-serveuse de bar enervée ( encore ) censure Chopin…Pas besoin de claque ,l’Enseignant a retenu la leçon.
Elle préfère Chapeau melon et bottes de cuir… y voit-elle autre chose l’infirmière-serveuse de bar-inquisitrice ?
Je suis une étrangère pour les miens .J’ai toujours plutôt poursuivi les branches dirigées vers les cieux que les rhizomes nichés dans l’humus. Poursuites. Courses. Course-poursuites. Echauffement dans l’espace décloisonné…
« Madame, puis-je vous parler ? » L’Inf Cerbère Bar parle !
« C’est pour la guérison. »
Pardon. De don. Exactement. C’est expérimental.
Vide. Trouble. Etrange. Etranger.
 
L’Ordre. Les Ordres. Maudite infirmière. Les tics s’affolent. Les tocs s’affinent. Trahison. Ici – dehors.
 
Minauderie. Séduction. Rouge à lèvres. Chambre. Déménagement.
Les chambres oui . La vue non. L’arrière plan , l’avant plan . Souvenir d’enfance.
 
L’infirmière est hors classe, la femme sans numéro, le sauvage ne comprend rien…ou comprend tout . La dame blanche est toujours là .
Ça ne se saura pas.
« Vous rêvez ? » «  Vous rêvez !… »
Expérience. Confiance. Exemple.
 
Chopin . Le chant à la main droite de la dame en rouge en noir sur les touches blanches. Tabouret grinçant . Le chant monte . Octava . Jusqu’où cela va monter ? « Je vois sa peur de votre peur. »
 
Les femmes marchent. Echauffement dans l’espace décloisonné. L’une blanche , l’autre noire. Deni. Procès. Process. Double process ? Guérison . Elles sont là derrière lui , l’Enseignant.
Conscience ? Censure ? Ego ? Féminité ? Narration …
 
Guillaume a repris son Note book blanc,cliquetis des touches telles des gouttes de pluie, dans la même perspective, clavier sans note, c’est noir et c’est blanc , la musique vient d’ailleurs, d’ici-dedans ? d’ici-dehors ?
 Chopin innode l’atmosphère de pleurs et de regrets , lancinant, grinçant, terrifiante solitude dans ce mouvement des corps et des objets . Echauffement dans les aires sans cloison, le désert. Le Sauvage joue au sauvage, jeu, double jeu…La musique se déforme, elle devient percussion, le vent souffle, craquements…La Dame-en-blanc, Sonnambula asoluta, chute lentement à l’intérieur du divan, elle se recoiffe, Divine Lidwine, et s’installe dans son placard. La cellule-cerceuil se ferme lentement, Chopin se tait , Chopin s’éteint.
Rêve ? Cauchemar ? Les touches de la nuit et du jour se mêlent…Liberté. Libertés. Lacher prise. Lâchez prise. Il n’y a rien à prendre , juste recevoir …
Expérience ? Manigance ? Qui croire ? Qui voir ? Sont-ils tous là ? Ici ? Ou ailleurs ?
 
Jour.
Curiosité. Frontière. Visa. Jeune Homme. Hommes en gris.
Attraction. Soustraction.
Peur .Angoisse.
Commandements-Dieu.
Attraction magnétique des visages.
Les femmes ont pour raison d’être d’apaiser les peurs des hommes. Femmes-miroirs. Y a-t-il un miroir dans la salle ? Dans la scène ?
Pas d’autre . Etranger. Y a-t-il un autre-part ?
 
Espionnage . James Bond .Transformation- changement à vue. Délire du Sauvage , il joue encore , fébrilité, excitation. C’est sûr il va se passer quelque chose…
 
Le divan-placard-cerceuil s’ouvre…lentement, tel Dracula , l’Infirmière, robe de cocktail, toujours blanche, toujours divine et de nouveau muette réapparait à la vue , de tous ?
 
Une table apparaît elle aussi , le dîner est en cours …Les personnages arriveront-ils ensemble ou un à un , c’est à voir …Ils sont inanimés mais l’infirmière a tout organisé , elle va remonter les mécanismes, les rouages vont de nouveau tourner , dans le même sens ? Tout recommence , l’espace ouvert devient plus intime, ils sont tous là , Il est là face à lui-même .
 
Révélation. Destruction. Instruction. Restructuration. Procès. Process. Additio . Masculin. Féminin . UN.
 
Les femmes telles des sœurs siamoises ne font plus qu’un avec l’Etranger , cette part partie de l’Enseignant .
Un professeur sans élève , rien du tout , un numéro . Lequel ? Pour qui cette part ?
 
La messe est dite .
 
Je serai quant à moi un peu changé grâce à Toi . Ce toi qui est vous , ce toi qui est moi révélé par vous .
Merci Catherine.
 
Eric
 
PS : 8 février 08 – 828 – infini – double infini – dualité de l’infini .
828 4ème semaine Foyer des internes . Des internes – dés-internés .
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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /2008 20:32
sera le titre de l'exposition montée par  Nie Wiem et Les Silos, dans le couloir-galerie d'exposition qui entoure la salle de spectacle du lycée, du 3 mars au 5 avril.

Les affiches des Silos seront accompagnées  de photos des répétitions (Gwenaël Fournier) et d'une projection vidéo (Lidwine Prolonge).

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Samedi 9 février 2008 6 09 /02 /2008 19:48
Impression de tourner en rond . Besoin d'investir  le foyer des élèves, où nous jouerons. Construire l'espace, maintenant, penser la bi-frontalité.
C'est chose faite jeudi.
Jeudi et vendredi nous répétons au foyer. Ca prend corps.
Nous imaginons le lit du sauvage, sa chambre, de plus en plus précisement, en fonction des besoins de la pièce, mais aussi des besoins du lieu, à partir des propositions de Salvatore, la semaine dernière.
Je croise Alex (de Faverolles) dans la rue, un  matin. Je lui parle de mon histoire de bande-son. (bruits d'éboulis, craquements, bruits d'hôtels la nuit...)

Le film surprise a été projeté au réféctoire pour la première fois jeudi midi. Diner tournant aux chandelles dans le réféctoire vide, la nuit,  élèves-convives servis par des enseignants et M le Proviseur, petits plats dans les grands, merci Antonio et Chef.
Lire l'article de Pierre, magnifique.
Attendre qu'on mette en ligne un extrait

pierre.JPG teacher.JPG
photos Gwenaël Fournier

Mardi Eric à préparé avec les élèves de 2de option-théâtre, des minis happenings au réféctoire ( notre lieu d'intervention privilégié, puisque très fréquenté...) : la cruche, la petite fille scum, la fourchette etc.
Nous y avons assisté avec amusement. Le spectacle est autant sur la mine des spectateurs incrédules.

Encore des visites de classe et des spectateurs de passage. 200 èlèves auront avec leur classe assisté à une heure de répétition. Les retours sont très intéressants, pour les profs comme pour nous. Les élèves en difficulté sont, parait-il, rassuré de voir que nous n'y arrivons pas du premier coup, que nous cherchons et que ça prend du temps.
Nous avons eu chaque jour la visite de 6-7 personnes (élèves, profs, personnels) en moyenne, à différents moments de la journée. Parmi eux beaucoup sont venus très régulièrement.

Lundi nous retournons au lycée pour quatre jours encore. C'est les vacances, nous serons seuls dans le lycée désert.

AL

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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /2008 23:24
Mardi 5 Fevrier
"Qui sont ces gens ?", "Mais qu'est ce qu'ils font ?" !! Autant d'interrogations dans la file de la cantine que nous pouvons entendre !! 
11h55 !! Nous c'est à dire Paul, Geoffrey, Claire, Elise, Anne-Sophie, et Géraldine  sortons de Physique-Chimie en avance Mr G. a eu du mal à nous laisser partir !! On descend sous le hall et on se précipite dans la file de la cantine avant que le flot d'élèves qui mangent à 12h arrive !! On rejoint Mélusine qui est passer avant nous !! On s'installe tous à une table qui borde la file de la cantine, on commence à manger ; les gens affluent dans la file !! "Alors on fait quoi ? on commence par quoi? on a qu'a commencé par la fourchette !!" 
Tous les sept, on prend notre fourchette et tous en rythme on la monte lentement à notre bouche !! On prend la nourriture qui est dessus et toujours si lentement on redescent la fourchette !! "J'ai soif " , il faut que quelqu'un se dévoue pour aller chercher de l'eau !! C'est décidé c'est Elise !! Mais avant chacun notre tour on prend la cruche, se lève et la repose sur la table . Elise se lève prend la cruche , nous on se lève, elle va à la fontaine, nous on ne la quitte pas des yeux, elle appuie sur le bouton pour faire coulerr l'eau, et ben . .nous on appuie aussi mais dans le vide !! ;-)
Les élèves n'ont pas tous remarqué, Elise revient et nous polis comme nous sommes, on lui lançe un "Merci, Elise".
Une légère exitation ce fait sentir à table. Entre temps Mme Nolot notre professeur de Français et les comédiens en résidence dans le lycée sont venus s'assoir sur une autre table pas loin de nous et ils mangent tout en jetant des regards vers notre table
Ensuite, on décide de faire "le verre", "Vous êtes fatigués?" demande Geoffrey et là on enchaine l'enchaînnement vu avec Eric la veille, toujours sur un rythme donné par Paul. On c'est un peu planter mais c'est pas grave on le ferra et on le ferra mieux !! En attendant on va manger un peu .
Dans la file de la cantine, des personnes qui font du théâtre avec nous et qui sont au courant de notre petite manigances nous observent !
On refait le ptit coup de la cruche mais ce coup ci la table de comédiens se lève avec nous ce qui donne plus de puissance à nos gestes et là les gens réagissent dans la file.
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /2008 20:59
Dîner 

Je retrouve ce monde toujours aussi étrange. Apparemment, les caméras de surveillance ont espionné un dîner de bourgeois mafieux, genre début du siècle. Les rôles semblent inversés, mais qu'est-ce qui est normal dans ce pays ? Même les amuses-gueules sont sujets à de vastes problématiques : où est la feuille d'endive ? Qu'est-ce qui est tant sucré ? Comment attraper ça avec une fourchette ? Les serveurs n'ont pas tous l'air honnête. Mieux ils sont habillés, et plus il faut s'en méfier, surtout celui avec les lunettes. Souvenirs effarés et effarants. Le mec à lunettes effraie une fille au nom de fée. Les visages sont souriants, malgré un crime certain, prochainement sur vos écrans. Les bougies transforment les convives en fantômes inquiets. Ils ne semblent pas entendre la musique. La caùéra de surveillance continue de violer cette intimité. Personne ne la voit, elle est pourtant au milieu d'eux. La musique devient triste. Séquence souvenirs, séquence émotion, séquence Happy End. Violons. Piano aux notes aigrelettes. Ralentis. Fondus. Fondus enchaînés. Fondus enchaînés ralentis. Eclat de rire muet sur la musique triste. Vieille photo portraitique au chandelier. Toujours le chandelier. Toujours la lumière. Et toujours la musique. L'oeil-espion ne se contente même plus de tourner, il ose s'approcher tout près des mains et des bijoux des convives. Flash. Plusieurs flashs. Je m'inquiète. Une serveuse-mannequin prend la pose. Elle va tuer quelqu'un. Puis tous les serveurs défilent. Shooting de mode, mais plus de flash. Le dernier d'entre eux arrive. Lui aussi est un criminel. L'oeil espion se cache maintenant. Dans un étrange endroit. Mais revient vers les bourgeois qui dînent. Nouveau flash. Nouvelle photo portraitique. Plus de chandelier, mais toujours la lumière. Et encore. Flash. Fondu. Bougies sur chandeliers. Le repas continue, évolue. L'ambiance est détendue, mais tous seront bientôt assassinés froidement, reposant dans une chambre froide. C'est la musique qui l'a dit. Flash. Fondu. Lumière et chandelier. Le serveur à lunettes est forcément l'assassin. Je crois qu'il a vu l'oeil-espion. Flash sur un couple. Tendre aventure passée ? C'est peut-être le motif du crime. La femme du couple a été assassinée par le serveur, dans la cuisine, avec le chandelier. PArtie de cluedo. L'oeil-espion est à nouveau libéré, et vole au milieu de tous. Encore ce couple. C'est pour eux qu'ils mouront tous. Ou c'est le couple qui les congelera tous. La lumière ; la lumière, la lumière. La musique continue, lointaine, et monocorde, et lointainement monocorde. Le dessert arrive. C'est une galette des rois, et elle n'est pas encore coupée. Autre chose devrait être coupé avant... Il y a une couronne dessus. Désignera-t-elle le criminel ? Sera-t-elle pour un membre du couple ? Ou alors pour la serveuse-mannequin. Ou pour le serveur trop bien habillé. L'oeil ré-observe les mains des convives. Les mains : voilà à quoi servait le couteau...



Répétitions


Tiens, le chien de garde regarde la télé. Ah non, le chien de garde surveille, garde et regarde la Dame en Rouge. Celle-la a beaucoup de choses à déclarer, une verve incroyable. Face à la rigidité de ses interrogateurs, elle parvient à traverser une multitude d'émotions. Hypocrite !

Maintenant, les deux femmes parlent ensemble, alors qu'elles pourraient regarder Chapeaux melons et Bottes de Cuir : ça, ce n'est pas étrange. Mais chassez, le naturel... L'étrange infirmière fixe naturellement et vitreusement l'écran depuis quelques instants. Quel tissu de conneries, ce feuilleton ! 

Le prof arrive, et plein de bon goût, il se détourne de la télé pour parler avec la Dame. Nouvel interrogatoire, nouveau dialogue de sourd. Les X Commandements, au détour de chaque phrase, même lorsqu'on parle de chambre et d'arrière-plan. Critique du professeur. Quel sens donner à cette phrase ?

Noir. Lumière. Musique. Action ! Rêve et hallucination sur Chopin. Et encore l'infirmière évoluant dans la banquette. On bafoue les droits du prolétariat. Tiens, le Sauvage sait danser un semblant de hip-hop avec sa valise. Monde, en fait, c'est un gourou. Les professeurs travaillent trop.

Le Sauvage, L'Etranger : en fait, c'est la même chose, c'est du pareil au même. "Das ist wunderschön !" sagt des Wilder. C'est très soap, vive le soap ! Flippant ! Autant que les X Commandements des hommes et des femmes. "Das ist wunderschön !" sagt die Dame in Rot. Finalement, le soap a laissé place à James Bond. Générique extraordinaire (Penser à payer des droits d'auteurs). Le Sauvage exulte en essayant ses vêtements. Il doit être un peu simple. Carrément intenable !

Pierre
Par nw - Publié dans : chronique des lycéens
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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /2008 23:01

Épisode 6

 

  L’auteur est vivante, preuve éclatante : sa présence. (ressemblance approximative avec John Le Carré, mes doutes étaient fondés).

 

Les explorateurs sont en armures. En tenue de combat. Dois-je rappeler ces célèbres paroles de mon oncle Jules, un explorateur bien chaussé…

 

  Le pays du Sauvage , climatiquement déstabilisant : une chaleur intense et pourtant il neige. Enfin il a neigé.

 

  L’ensemble du pays a été parcouru. Restent encore certaines zones inexplorées, zones franches. Le droit est à établir.

 

 

  Allo ?

 

 

  L’auteur est étrangère en son pays. De sa faute

 

 

  Jeu de mains jeu de vilains.

 

 

  Allo ? nous ne sommes pas intéressés. Non, notre abonnement est vermoulu mais le pays s’en porte mieux. Laissez nous voir. Dasicheultiche.

 

 

  Définitivement, la pureté vient de la précision

 

 

  Entraînement du Sauvage : au top, la taupe. Bunuel : l’expression : avoir des fourmis dans les jambes : le cinéma est l’art de montrer les fourmis sur les jambes au sens propre.

 

 

  Rewind : Infirmière

 

 

Courant d’air : Dame en rouge.

 

Allo les pompiers… : L’Enseignant

 

Ichliebidiche : le Sauvage

 

Marx brothers/brothers of Marx.

 

  La chambre du Sauvage : clé du récit, lieu du souvenir d’enfance. Pour la Dame en rouge, il s’agit d’en faire déménager le Sauvage c’est à dire de laisser le récit s’écouler et c’est de l’Enseignant qu’elle exige cela, elle lui propose la narration et la narration c’est le salut.

 

 

  Le rouleau…sa lecture m’a provoqué un grand trouble…

 

 

 

Par nw - Publié dans : chronique
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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /2008 09:19
IMPRESSIONS DE PROMENADE

 Je suis le jeune homme qui n’aime pas lire à 16 ans
J’étais ce jeune homme qui aujourd’hui aime les livres

Je suis vue comme une étrangère
Je suis celle qui découvre qu’elle est l’étrangère

Je suis celui qui est venu pour entendre lire
Je suis celui qui n’a jamais si peu lu à un atelier de lecture

Je suis celui qui n’aime pas l’arrogance des auteurs
Je suis celui qui aime écrire

Je suis celle qui s’évade
Je suis celle qui met à distance

Nous étions tous des lecteurs,
Des petits, grands lecteurs,
Avides, dévoreurs, boulimiques,
Contraints, mus par l’utilité,
Timides, le temps compté,

Nous étions tous des étrangers,
Comédiens, professeurs, dramaturge,
Elèves, metteur en scène, vidéaste,
Conseiller d’éducation, chorégraphe, auteur, scénographe,
 
Nous étions tous prêts à la rencontre
De nous-mêmes et des autres
Dans le sourire et la douceur
Dans la radicalité et l’étonnement
Dans le souvenir et la lecture
Dans ce qui advient
 
 
Catherine
Par nw - Publié dans : atelier lecture
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Mardi 5 février 2008 2 05 /02 /2008 09:04

Filage du Sauvage  

La dame en rouge

 La dame en rouge
Essence de féminité
Fragile et si sincère dans sa quête
Souvenir d’enfance
Mémoire de la maison rose
 
La dame en rouge
Est Claire
Elle bouge suave et grave
Souple, féline et câline
 
La dame en rouge
Spoliée de ses livres,
Retrouve sa langue étrangère
Et l’amour peut-être
D’un frôlement de mains libres
 
La dame en rouge
Le corps porté par le mouvement
Des trains des pays lointains
De l’autre côté de la frontière.
 
L’Infirmière

L’Infirmière est un devenir d’Infirmière
Barmaid du confessionnal
La silencieuse blanche
La visible invisible
 
L’Infirmière a l’écoute flottante
Le téléphone pour médium
L’écran pour transfuge
L’Infirmière est Lidwine
 
L’Infirmière est en mission
Elle trace de ses pas l’espace
Elle apaise, houspille, console
De ses bras, de ses mains
 
L’Infirmière ne sait, pas l’histoire
De sa vie, mais celui de son rôle
Le soin du lien
L’exit de la peur
 
 

L’Enseignant

 L’Enseignant bégaie, éructe,
La force de sa vérité
Dans la gangue de sa langue
L’Enseignant est loyal
A  l’honneur des siens
 
La faille de l’Enseignant
Sa sympathie envers le diplomate
L’Enseignant a la vie sauve
En sauvant celle du Sauvage
De la folie des siens
 
L’Enseignant a la densité de Gwen
Il est ancré dans son pays
La peur, il ne la connaît pas,
Il la vit sans savoir
Et sans entendre les manifestations vociférantes des siens
 
La question de l’Enseignant
Est sa naissance au désir
Le bouleversement de son monde
Où Chopin trouve son aisance
Musique intérieure hors des siens
 
 

Le Sauvage

 Le Sauvage l’est pour qui veut
Il a le charme des êtres
Le Sauvage est en mission
Mais il n’est pas un espion, ni un pion

 
Le Sauvage est Ayouba
Il a la grâce d’être gracié
Il a la vie sauve en sauvant
Du pays pour un instant
Ou pour la vie, l’Enseignant
 
Le Sauvage est la lutte des anges
Intrépide et réservé
L’autre face de l’Enseignant
Le pile d’un ailleurs
 
Le Sauvage est l’élégance
Qui dérange
Des hommes les dix commandements
Il apprend dans le soliloque
De son miroir
 
 

La mise en scène
 Anne-laure est la metteur en scène
Celle qui de ses yeux
Ajuste la focale du temps
Celle qui de ses oreilles
Saisit le jeu que prolongera le spectateur
 
La dramaturgie
Guillaume est le dramaturge
Celui qui du flux de ses savoirs
Guide de la surface à la profondeur
Celui qui de ses intuitions
Révèle des possibles
 
Le scénographe
Salvatore est le scénographe
Celui qui fait danser et voler les objets
Donne un appui aux comédiens
Celui qui de ses fixités
Souffle le mouvement
 
La vidéaste
Lidwine est la vidéaste
Celle qui démonte et monte
Et qui crée les écrans
Ceux qui surveillent et interrogent
Elle dédouble le sens
 
Le chorégraphe
Eric est le chorégraphe
Celui qui donne de la chaleur aux corps
soulage des larmes d’eau ou de sel
Celui qui de la distance
Fait le lien
 
L’Hôtesse 
L’Hôtesse est Martine
Celle qui crée le vide
Pour laisser rentrer la troupe
Celle qui a donné à voir
Et a vu les visages
 
 Catherine
Par nw - Publié dans : Répétitions le Sauvage
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résidence d'artiste

  • : chronique résidentielle
  • : anne-laure lemaire est accueillie en résidence au lycée Diderot de Langres entre janvier et mai 2008 autour de la création de la pièce de catherine redelsperger, Le Sauvage.

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