Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /2008 21:36
"Un livre doit être la hâche qui brise en nous la mer gelée" Kafka

    Je pense que cette phrase est celle  à  retenir de l'atelier. Enfin pour moi. C'était une matinée vraiment enrichissante. Avant de venir, j'avais des idées vagues sur l'étranger, desidées plutôt arretées, et ce dans  une solution de facilité. C'est pourquoi en arrivant, je me demandais un peu pourquoi j'étais venue, puisque "l'étranger, ça ne me concerne pas vraiment"...
    Mais j'ai bien vite changé d'avis. Toutes les discussions en petits groupes ont été très enrichissantes, même si parfois nous déviions du sujet... Je me suis rendue compte que nous ne voyions  pas tous l'étranger de la même manière, de par notre vécu, nos lectures, peut-être... Chacun apportait quelque chose au groupe. Et ainsi, de discussions en discussions, je me suis rendue compte que  l'étranger cela pouvait être moi aussi .
    Et enfin, ce qui m'a le plus étonnée, c'est quand il a fallu dessiner ce à quoi ressemblait pour nous l'étranger. Facile...(je précise que le ton est ironique). Mais quand par groupe nous avons commenté les dessins des autres, c'est vraiment à ce moment là que je me suis rendue compte que l'étranger  était une notion différente d'une personne à l'autre. Mon dessin ? Une silhouette indistincte contenant un point d'interrogation et parlant en "hyéroglyphes"... Voilà à quoi ressemble un étranger pour moi : une personne que l'on ne connait pas et surtout que l'on ne comprends pas (ou plutôt que l'on ne peut pas comprendre). Mais les deux autres personnes de mon groupe m'ont présenté des dessins bien différents : un homme sans attache sur une route sans fin avec pour seul bagage une valise ; et sinon, un homme que l'on enferme car il risque de "modifier l'ordre normal des choses."
    Pour finir, je citerai un proverbe touareg : " Que celui réside fasse en sorte que celui qui passe ne le mésestime pas."

Maëlle
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /2008 19:55
Fiat Lux ! Et la lumière fut ! Ou plutôt, elle est différente. Cette semaine a plus que jamais précisé les contours de la pièce ; notamment grâce à la nouvelle lumière. Depuis que les projos sont passés entre les mains expertes de Messire Paul, cette lumière s'est apaisée, tamisée, feutrée. On se rapproche de l'ambiance soap dont parle si souvent Anne-Laure, surtout avec cette horrible plante verte, cette vieille télé qui ne s'ennuie jamais de Chapeaux melons et bottes de cuir (!), et ce fastueux et magnifique fauteuil poussiéreux. Et puis, les costumes sont arrivés (de chez Emmaüs), les textes sont de plus en plus apprivoisés. Le résultat en devient merveilleusement attachant, terriblement obsédant. La pièce a évolué depuis l'arrivée des comédiens, c'est clair. C'est bizarre.

Bizarreries. Le chien de garde placide, faisant la gueule et faisant le ménage, et prenant ses aises à l'intérieur de la banquette. Le piano qui joue seul du piano sans que le son ne sorte du piano. Le Sauvage, réussissant à rembobiner son magnétophone hystérique seulement avec sa bouche. La Dame en Rouge en Noir en manteau en panthère sur le couvre-lit en panthère, caressant une panthère (attention danger!)...

En fait, Le Sauvage, c'est une espèce de pièce de théâtre, un peu bordélique, un peu troublante quand Anne-Laure y dépose ses lubies (hallucinations du professeurs, confusion de la notion d'espace,...). Plus ça va, moins on comprend. Il y a évidemment le scénario qu'on capte plus ou moins rapidement ; mais le sens profond (puisqu'il paraît qu'il y en a un) est vraiment profond, et il semble qu'il faut beaucoup creuser avant de tomber dessus, sans doute par hasard. Donc, allons réfléchir, et nous éclairons le sens dans une prochaine chronique.
 Fiat Lux !

Pierre
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /2008 19:53

Il y a eu cette soirée hallucinante de mercredi.
Une soirée qui n'existe pas, la mise en oeuvre d'un songe. 
Il faut le voir pour le croire et même , ça ne suffit pas...
bientôt, je vous promets, bientôt, ceux qui n'y étaient pas en verrons la trace....

Jeudi Claire était malade. Jeudi des classes sont venues nous voir . La Dame en Rouge avait très mal au ventre. La dame en rouge a beau être une aventurière, impossible ce jour là, de franchir le seuil du hall de l'hotel, malgré le coup de fil de l'Infirmière "madame, j'aimerais vous parler". C'est comme ça. et c'est comme ça aussi qu'on se rend compte peut-être que l'infirmière n'est pas vraiment une infirmière...passons.
Nous avons hâte maintenant d'être dans le lieu où nous allons jouer : le foyer des élèves. Nous commencons à être à l'étroit là où nous sommes pour développer le jeu et la mise en scène.

Vendredi
Catherine l'auteur  et Salvatore le scénographe nous arrivent par le même train.
filage. Ils découvrent notre travail. Quelques fidèles spectateurs sont là aussi.
Je suis heureuse malgré la fatigue que toute "la famille" soit là. Heureuse qu'ils voient tout ça, nos choix.
Catherine pose des questions.
Salvatore pose des questions.
L'importance que ce soit chapeau melon et bottes de cuir dans la télé que regarde l'infirmière.
A quoi doit ressembler le lit - salvatore montre ses dessins - ... Martine assiste à tout cela, yeux et oreilles grands ouverts.
Ca durera tard dans la nuit, pendant que la neige tombe et bien après que Catherine aura regagné son hôtel.

Nous avons mangé aux chandelles. Un sanglier. (C'est la suite d'une longue histoire)

AL





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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /2008 13:03
Salle de réunion 3 à eu lieu ce samedi matin l'atelier lecture sur le thème de l'étranger,  mené par Catherine Redelsperger, auquel ont participé une dizaine de  personnes, élèves, enseignants, CPE et  nie wiem au grand complet.

"l'atelier de lecture est un parcours de rencontre entre moi et le texte, mais aussi un parcours de connaissance de soi"

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Le processus est très efficace. A tel point que Catherine participe elle-même aux minis ateliers, se joint aux groupes. La parole circule très librement : comment j'aime ou n'aime pas lire, dans quelles circonstances, pourquoi j'ai choisi ce texte, qu'est-ce qui me fait bouger de ma vision de l'étranger, quelle est la vision de l'autre. Etc.

J'avais un peu peur à priori, en seulement une matinée, que nous ne sortions pas des lieux communs...
Ce fut bien au contraire d'une grande richesse.
AL

les dessins réalisés sont visibles ici même dans la galerie de photos 
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Dimanche 3 février 2008 7 03 /02 /2008 12:49
undefined il s'est passé mercredi soir quelque chose de tout à fait spécial.... interdiction d'en dire plus pour le moment.....

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...SURPRISE !

AL
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Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /2008 22:00

L’Etranger de Camus

 

remixé par SHAM alias Serge HAMON
 

Mardi 5 février 2008 – 18h30 – Salle Adam – Langres

Meursault, un jeune de banlieue, est condamné à mort pour avoir tué.
En attente de l’exécution de la sentence, il vit et rejoue sa vie dans la cellule grillagée qui l’emprisonne au centre du public.
Monté avec l’énergie du hip-hop et un phrasé proche du slam, l’Etranger de Camus nous apparaît soudainement empreint de modernité et ce jeune délinquant plus égaré que détestable…
Une autre façon de s’interroger sur la violence, la délinquance, la justice, la solitude, les repères affectifs et sociaux...

Tout public à partir de 13 ans. Durée : 40 mn + rencontre avec l’artiste.

Réservation : Service Culturel : 03 25 87 60 34.
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Jeudi 31 janvier 2008 4 31 /01 /2008 21:45
Samedi  2  février, 9h-13h

ATELIER LECTURE

Cet atelier sera sur le thème de l'étranger.
Venez nombreux et apportez des livres !

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Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /2008 22:56
"Ce qui était intéressant dans cet atelier théâtre on réalisait les paroles par les gestes, et de pouvoir travailler avec des vrais comédiens comme ayouba c'était assez drôle ! merci à vous. Nathan 

Ils nous entrainent dans leur univers de la scène  à travers les petits exercices d'échanges où  on se  libère. C'était très intéressant de faire leur connaissance .  Annabelle

J'ai beaucoup  aimé  cet  atelier  simplement car c'est  du jeu  physique , c'est du théâtre . Et puis , on se sent ensemble , bien et unis. Tybo

Quand on sort on a l'impression de mieux  se connaitre, d'avoir compris une chose essentielle. On se sent uni avec le groupe, l'ambiance est très agréable. Travailler avec  des comédiens  c'était très intéressant, et comme le dit bien Nathan avec "Ayouba c'était assez drôle !" Merci à vous tous. Elise

J'ai trouvé que c'était bien de découvrir le théâtre car je ne connaissais pas. Les exercices qu'on a fait étaient très intéressants, il y avait une bonne ambiance. Je n'ai pas vu le temps passer. Julie

Cet atelier théâtre m'a fait découvrir une nouvelle facette de moi qui ose aller vers les autres. Les exercices d'échauffement au début de séance m'ont fait du bien, c'était une sensation "bizarre". Merci à tous les comédiens présents et à Madame Nolot. Clélia

Matinée très enrichissante avec la compagnie nie wiem

Une matinée de découverte, on se découvre, mais on découvre aussi l'autre. On rentre dans son espace grâce à la gestuelle et les mots viennent par la suite. Des activités qui m'ont fait réfléchir sur mon hospitalité et sur le fait d'aller voir autrui. Geoffrey

Matinée très enrichissante avec la compagnie nie wiem, j'ai beaucoup appris, sur ma façon d'être et sur mon comportement avec les autres. J'ai découvert un nouveau regard sur la vie en général et je voudrais dire que les paroles pertinentes de Guillaume m'ont beaucoup questionné sur moi-même. Le sentiment d'égalité entre les professeurs et les élèves était difficile à mettre en place mais par la suite tout s'est mis en place. Paul "
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Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /2008 22:01

Épisode 5

 

Les nouvelles mettent du temps à me parvenir.

Ce samedi, mes explorateurs ont été visités par une foule d’êtres du pays. Pacifiquement.

Il s’agissait de l’un des rites de ce pays : accueillir les habitants chez eux. 

Autre fait étrange : les autochtones conservent éternellement leur jeunesse. Tous sont souplesse et réceptivité. Réactivité aussi, curiosité et tous sont prêts à partir au combat.

Danse d’accueil et de refus. Danse sauvage. Ne pas laisser de place à la distance. L’éloignement même comme une proximité. 

Les affaires du monde pensées à l’endroit puis à l’envers. Faire, défaire, faire, défaire. 

Leurs corps à tous semblent être capables de penser. Le mien est imbécile. 

Et puis les corps-engrenage forment des animaux-machine. À deux leurs corps pensent, en groupe, ils signifient.

Ces animaux-machine dessinent le territoire, ils inventent un monde.

Inventer le monde c’est le penser.

 Le penser définitivement est la condition nécessaire pour le réinventer…MaMo…

Je remarque un rouleau sur ma table. Je le lis.


P.S: j'apprends que gift en allemand signifie à la fois don et poison.  Il va sans dire que, dès lors, il me devient impossible de douter du caractère germanique de mon ascendance.

 

 

 

 

 

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Mardi 29 janvier 2008 2 29 /01 /2008 21:59

Épisode 4

Léopard, panthère. Le pays du Sauvage est peuplé de bêtes sauvages. Il va leur falloir s’armer.

 

La Dame en rouge doit faire ses preuves. Les produire. Les reproduire. Les produire. Les  reproduire.

 

  Ce pays est étrange. Ces habitants sont enclos en certains lieux où leurs actes sont surveillés par une assemblée de grands juges, semble-t-il, qui décident de leurs sorts à venir ?

 

 

Le Sauvage est le Faune.

  La Dame en rouge formule des propositions malhonnêtes. La dame en rouge propose des formulations malhonnêtes

 

 

« Jamais trouvé le bon numéro » : dans ce pays ce n’est pas de l’humour, c’est factuel.

La Dame en rouge vole le piano de l’enseignant.

Un Sauvage qui ne « comprend rien » : langage ou qui « comprend tout » : le lieu est le lieu du Sauvage (hyp sauvage = enseignant liberé) donc comprend tout au sens de englobe tout : insistons, la Dame en rouge détient toutes les clés du récit.

 

L’Enseignant au piano déréglé, l’Infirmière incorporée dans sa caisse, la Dame en rouge dans son train et le rythme fou du Sauvage : Holderlin est invité chez une princesse, un piano, son merveilleux d’harmonie, de délicatesse, il s’empare de grands ciseaux, coupe certaines cordes, joue un morceau : voilà la musique de mon âme, voilà mon âme. Le songe de l’Enseignant  voilà son âme, voilà du théâtre.

Le téléphone sonne…Allo ?

La langue de l’Enseignant est une langue utilitaire. Donc exclut la poésie, donc exclut l’humour…

 Le Sauvage prend des photos, troisième œil, assurément il est devin.

Le Sauvage s’asseoit sur un fauteuil, l’enseignant, lui, y trouve refuge.

« Madame retournez à votre place », l’Enseignant essaie de lui assigner une place géographique, mais la dame en rouge est historique, d’où sa réponse : « je m’exécute ».

Le sauvage : joie de l’hospitalité, sortie de la contrainte
 

L’enseignant : hospitalité contraignante mais sans tristesse réelle, juste une réaction à la violence portée à une part de lui.

Le Sauvage est une machine de guerre (politique) sortie d’une usine rousse, son engrenage est l’hospitalité (le territoire), l’huile c’est la patronne, les pièces mes petits chats… l’interrupteur ?…

 La lumière du phare s’est éteinte ce soir. La mer est calme. Ce calme est amer.

 

 Ce matin, une mouette est entrée. A posé sur ma table un rouleau que je n’ai pas encore remarqué.
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résidence d'artiste

  • : chronique résidentielle
  • : anne-laure lemaire est accueillie en résidence au lycée Diderot de Langres entre janvier et mai 2008 autour de la création de la pièce de catherine redelsperger, Le Sauvage.

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